Partir en voyage à vélo avec son chien

Partir en voyage à vélo avec son chien

NB : Cet article a été rédigé par nos amis de tandemonde.fr, de vrais pros du voyage à vélo avec un chien 😀

Ca y est, cette année, tu es prêt à sauter le pas et à partir en voyage à vélo. Une dernière chose te sème le doute : tu as un chien… et le faire garder, c’est toujours un peu galère… Tu as pourtant une solution toute simple : voyager à vélo avec ton chien !

Comment partir en voyage à vélo avec un chien ?

Avant d’aller plus loin dans cet article, quelques présentations. Je suis Stéphanie, j’ai voyagé pendant un an en tandem avec mon amoureux le long de la route de la soie et notre voyage a été quelque peu chamboulé par notre rencontre avec Côtelette, une chienne kirghize qui a finalement fait le chemin du retour avec nous. Elle dort paisiblement sur le tapis pendant que j’écris ces mots.

Autant vous dire que l’on n’était pas *du tout* préparé à voyager à vélo avec un chien. D’ailleurs, on n’y connaissait strictement rien en chien, j’avais bien eu une chienne de famille quand j’étais petite mais ça commençait à remonter et quant à lui, Claude détestait carrément les chiens… (rassurez vous, ça a bien changé depuis, il est complètement gaga du moindre chien qu’il croise dans la rue !). 

Et malgré ces préparatifs inexistants, voyager avec Côtelette a été d’une simplicité extrême ! J’espère déjà vous enlever un certain poids ! Allez, rentrons maintenant dans le concret.

Avec un chien de quelle taille peut on voyager à vélo ?

Sur le chien en lui même, a priori il est possible de partir avec n’importe quel chien !

Clairement, selon son physique, vous serez amenés à plus ou moins le porter. Et selon sa taille et surtout son poids, cela aura une plus ou moins grande incidence sur votre vitesse !

En terme de distance, Côtelette courait avec nous en moyenne 20 à 30km / jour. De notre côté, on en pédalait plutôt 60 à 70km, ce qui veut dire qu’on la portait le reste du temps.

En terme de vitesse, son rythme de croisière était entre 10 et 15km/h, parfait pour les chemins ou les côtes mais moins adaptés quand il y avait de belles routes plates goudronnées. On adaptait donc les moments où la faisait courir à l’itinéraire.

L’équipement pour transporter son chien à vélo

Côtelette est un “grand” chien, de taille labrador, elle pèse aujourd’hui une 30aine de kgs (elle en faisait 10 de moins quand on l’a trouvée !). Pour elle, il n’y avait qu’une seule solution pour qu’elle puisse nous suivre : une remorque de vélo. Nous avons donc ajouté celle-ci à notre panoplie d’équipement de cyclotourisme !

Sachez cependant que pour les chiens plus petits (ou les chiens moyens super à l’aise/bien élevés), il y a la solution des paniers : sur le guidon, sur le porte bagage ou encore à la place d’une sacoche. C’est clairement plus léger… 

Pour notre remorque, on a eu la chance de se faire sponsoriser par Burley. Il existe des remorques spéciales chien, mais au vu de sa taille, Burley nous a recommandé une remorque classique pour 2 enfants (burley bee). On a enlevé le “hamac” / siège pour enfant et bricolé un sol rigide pour la chienne. La remorque était légère (10kgs), et très maniable. On en est extrêmement satisfaits ! Petit plus : elle se plie en quelques mouvements ce qui simplifie son transport dans les trains, bus ou autres modes de locomotion à moteurs.

Soyons clair, quand on s’ajoute 10kgs de remorque, 25kgs de chien et 5kgs de croquettes / affaires pour chien / trucs qu’on accumule dans la remorque parce qu’on a de la place et que c’est pratique (genre une bouteille de vin 😉 ), clairement on se sent un peu “poids lourd” et notre nombre de km par jour à vélo a bien diminué Cependant, cela reste tout à fait acceptable et on n’a pas regretté une seule seconde notre choix !

Le quotidien avec un chien en voyage à vélo

En roulant

Dès qu’on est sur des chemins, petites routes où on ne va pas trop vite, on laisse Côtelette courir. En général, elle est une centaine de mètres derrière nous, elle avance à son rythme. Si elle est trop loin, on s’arrête pour l’attendre. Elle court de manière générale sur le bas côté, elle nous a quand même fait des frayeurs avec les voitures car elle a tendance à nous suivre selon le chemin “le plus court”. Donc en cas de virage à gauche, elle peut traverser la route. Comme on a un rétroviseur sur le vélo, on arrive à bien la surveiller.

Dans les grosses montées, elle nous trouve trop lents à son goût et a tendance à vadrouiller. Pour éviter un accident avec une voiture, on n’hésite pas à la prendre en laisse dans ces moments, elle suit sans souci.

Et dès que la route est vraiment trop dangereuse, on la met dans la remorque.

Quand on ne roule pas, il arrive souvent que l’on doive rentrer à un endroit où les chiens ne sont pas autorisés (visite, magasin, café, restaurant…). Dans ce cas, on laisse Côtelette dehors en liberté ou attachée au vélo (avec un peu d’eau si ça dure). Elle ne s’éloigne jamais et devient un excellent antivol ! 

La nuit

Pour la nuit, elle dormait au départ sous le auvent de la tente ou dans sa remorque. Elle a fini par prendre goût au confort de la tente et dormait à mes pieds. L’avantage de la faire dormir à l’intérieur est qu’elle est beaucoup moins stressée. La nuit, elle se transforme en chienne de garde aux aguets, elle va régulièrement surveiller ce qui se passe et aboie facilement si elle entend un bruit ou croit voire quelque chose bouger dans l’obscurité. Quand elle est dans la tente, elle dort paisiblement (et nous aussi !).

En tout cas, dormir avec elle est très rassurant. On sait qu’aucun animal (coucou les chacals du Caucase !) ni personne ne pourra venir nous voler sans que Côtelette les repère et les éloigne.

Le rapport avec les autres chiens

Une autre particularité du voyage avec un chien : le rapport avec les autres chiens ! Les cyclotouristes aux long cours ont l’habitude de se méfier des chiens qui peuvent avoir tendance à nous courser. Si jamais tu n’as pas l’habitude, surtout résiste à ton envie d’appuyer sur les pédales (ce qui exciterait encore plus le canidé) et au contraire, arrête toi. Fais la technique du grizzli (lève les bras en hurlant sur le chien) et marche à côté de ton vélo, ça fonctionne très bien. 

Avec Côtelette, les chiens se sont en moyenne beaucoup moins intéressés à nous. Ils avaient plutôt tendance à aboyer directement après elle. Elle se collait en général au vélo et les ignorait royalement. On n’a finalement jamais eu affaire à de chiens agressifs avec elle. On n’en menait pourtant pas large quand on a traversé le port de Baku avec des dizaines de chiens qui nous suivaient et nous chassaient.

Quand les chiens étaient trop insistants et que leurs aboiements nous dérangeaient, on s’arrêtait, faisait la technique du grizzli et à ce moment seulement, Côtelette les chargeait en leur aboyant dessus en mode “bon, vous avez compris, ils vous ont dit de dégager alors foutez nous la paix”. Ca a toujours fonctionné !

Nourrir et faire boire son chien en voyage à vélo

Pour l’eau, on avait une gourde pour elle et on s’arrêtait régulièrement pour la faire boire. Pour la nourriture, en Asie Centrale, impossible de trouver des croquettes (sauf à Bichkek !), on cuisinait donc sur notre réchaud des mélanges céréales (riz, pâtes, avoine) et viande (des espèces de knackis emballées dans du plastique la plupart du temps, la seule viande que l’on trouvait). 

A partir du Caucase puis en Europe, on achetait des sacs de 3kgs de croquette, c’était quand même plus pratique ! 

Les démarches administratives (visa, certificats) pour emmener son chien en voyage à vélo

En Europe

A priori, depuis la France, un simple passeport pour chien suffit avec les vaccinations classiques (dont la rage). Si tu quittes l’Europe, il faut avoir fait avant le voyage un test sérologique qui vérifie que ton chien a assez d’anticorps contre la rage. Tu auras besoin de ce papier pour revenir en Europe.

Hors d’Europe

En théorie, pour passer les frontières hors d’Europe, il faut passer voir un véto qui assure que ton chien est en bonne santé. En pratique, le simple passeport a toujours suffit.

Notre cas était plus compliqué puisqu’on a adopté Côtelette en route. La version courte a été qu’il a fallu la pucer, la vacciner, un mois après faire le test sérologique et 3 mois après nous avions le droit de rentrer en Europe. Heureusement qu’on n’est pas rapides à vélo ! (Et si par hasard tu tombes sur cet article et que tu es dans la même situation, n’hésite pas à laisser un commentaire et on te racontera la version longue avec un peu plus de détails.)

C’est cool de voyager à vélo avec son chien

Pour finir, on voulait juste te dire que voyager à vélo avec son chien, c’est vraiment super cool ! En général, les chiens adorent ça ! Et évidemment, tu partages de super moments avec ton compagnon à poils et rien que ça, c’est un super cadeau ! 

Et au delà du lien entre ton chien et toi, c’est un formidable accélérateur de rencontres ! Souvent, le voyageur à vélo attire la curiosité. Avec un chien, la surprise n’est que renforcée et il nous est souvent arrivés que Côtelette soit le prétexte pour initier un échange.

Encore une raison pour partir avec son animal à poils !

Si tu es allé.e jusqu’au bout de cet article, ça y est, tu es prêt.e à partir avec ton compagnon ! J’espère en tout cas que cet article t’aideras à te lancer ! Si tu as la moindre question, n’hésite pas à nous écrire, Claude ou moi nous ferons un plaisir de te répondre.

Et pour finir, je pense que tu as bien mérité qu’on te raconte l’histoire incroyable de Côtelette : 

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