Le tour de Corse à vélo : de Bastia à Ajaccio en 7 jours

Temps de lecture : 9 minutes

Vous rêvez de découvrir la Corse à vélo ? Découvrez le récit de voyage de notre tour de Corse à vélo de Bastia à Ajaccio ! Nous avons eu la joie de pédaler 7 jours en Corse en Novembre 2021 : une beauté sauvage et intacte mais aussi beaucoup de dénivelé, accrochez-vous !

Notre tour de Corse à vélo inspiré de la Grande Traversée (GT20)

Pour définir notre itinéraire pour parcourir la Corse à vélo nous nous sommes librement inspirés de l’itinéraire célèbre GT20 et l’avons adapté selon nos envies. L’itinéraire que nous avons suivi a l’avantage de suivre principalement la côte, ce qui permet de le faire hors saison et d’avoir une météo très agréable quand même !

Le GT20 est au vélo ce que le GR20 est à la randonnée sur l’île de beauté. C’est un itinéraire vélo balisé qui permet de voir toutes les merveilles de la Corse sur son vélo !

Quand partir en Corse à vélo ?

La Corse possède un climat méditerranéen, il y fait donc relativement beau toute l’année, selon ce que vous recherchez :

  • Hors saison en Novembre ou Mars-Avril pour vous retrouver seul au monde avec des températures tout à fait acceptables à vélo !
  • En Juillet-Août il y fait vraiment chaud, le vélo peut être difficile dans ces conditions. Cependant c’est le top si vous souhaitez également profiter des superbes plages Corses !
  • Mai-Juin et Septembre-Octobre sont les meilleures périodes pour partir en voyage à vélo en Corse selon nous : moins de touristes, météo très clémente, infrastructures ouvertes…
Source : partir.com

Jour 1 : Le cap Corse à vélo de Bastia à Erbalunga

  • Distance : 10 km
  • Dénivelé : 120 m
  • Difficulté : Facile

Première petite étape pour quitter Bastia et chercher un endroit où dormir pas trop loin de la ville. Nous avons pris le ferry depuis Livourne et arrivons sur l’île de beauté à la tombée de la nuit. Une fois descendus du ferry on est pris dans le flot interminable des voitures qui descendent. Tout le monde a décidé de visiter la Corse en même temps que nous en ce mois de Novembre ? 😀

Le dénivelé est léger, et on commence à prendre la mesure de la Corse, qui défile sous nos yeux ébahis. Une belle succession de faux plats montants et descendants mais rien de vraiment trop terrible pour nos jambes habituées aux dénivelé depuis la Bosnie et la Croatie (rires). Nous suivons l’unique route le long de la côte, la D80, qui est plutôt vide en Novembre.

Plus on s’éloigne de Bastia plus la nature se révèle, majestueuse et impressionnante avec ces flancs de falaises qui se jettent dans la mer ! On vous conseille une visite de Erbalunga, un joli village de pêcheurs très réputé au cap Corse.

Jour 2 : Le cap Corse à vélo de Erbalunga à Pino

  • Distance : 58 km
  • Dénivelé : 900 m
  • Difficulté : Difficile

Les choses sérieuses commencent au deuxième jour de ce tour du cap Corse à vélo ! Après un premier jour d’échauffement, nous longeons la côte jusqu’au port de Macinaggio. Au programme : anciennes tours génoises de guet, villages de pécheur et les eaux turquoises de la mer Méditerranée. Encore une fois les montées et descentes se suivent et ne se ressemblent pas !

Nous entamons ensuite notre premier défi Corse pour rejoindre la côte Ouest : le Col Saint-Nicolas (318m). La montée se fait progressivement, avec des pourcentages tout à fait raisonnables. On se régale, même si les jambes commencent à fatiguer ! On croise quelques moutons, plein de traces des fameux cochons sauvages noirs corse mais ils ne montrent pas le bout de leur museau pour le moment.

Une superbe descente jusqu’à Pino nous en met plein la vue, surtout avec le temps incertain qui donne des reflets incroyables sur la mer. Olala, on est déjà en train de tomber amoureux de la Corse !

Le saviez-vous ? Les tours génoises datent de l’époque où la Corse faisait partie de la République de Gênes. Elles étaient très nombreuses et protégeaient tout le littoral Corse : il y en avait 120 en 1730 ! Hélas il ne reste aujourd’hui que 67 tours génoises, mais elles valent le coup d’oeil croyez-nous.

Jour 3 : Le cap Corse à vélo de Pino à Saint Florent

  • Distance : 47 km
  • Dénivelé : 400 m
  • Difficulté : Moyenne

La dernière partie du cap Corse nous régale à nouveau. Des falaises à perte de vue, des plages de sable noir incroyables, notamment la fameuse plage de Nonza à ne pas manquer ! Le contraste avec la mer bleu azur est saisissant. En effet, toute la côte au nord du village de Nonza est constituée d’une immense plage de sable noir, qui provient des rejets d’exploitation d’une ancienne carrière d’amiante fermée en 1965. Le village de Nonza en lui-même est également un petit bijou, perché en bord de falaise.

Les paysages changent à l’approche de Propriano, on se retrouve dans une verdoyante vallée de vignobles avant de rejoindre tranquillement Saint Florent avant une grosse journée demain !

Jour 4 : Le désert des Agriate à vélo

  • Distance : 70 km
  • Dénivelé : 800 m
  • Difficulté : Difficile

Une fois encore nous suivons la D81, que nous n’avons pas quitté depuis notre arrivée en Corse. Le désert des Agriates est localisé entre le village de Saint-Florent, au Sud du Cap Corse, et la vallée de l’Ostriconi, au Nord de l’île-Rousse. Il est désert des humains mais n’a rien à voir avec un désert au sens littéral du terme. En effet, on y trouve une faune et une flore abondantes, et des plages paradisiaques le long des côtes, parmi les plus belles de Corse ! Attention, il n’y a pas vraiment de source d’eau, avoir des réserves n’est donc vraiment pas un luxe.

Le saviez-vous ? Le désert des Agriate était autrefois une zone nourricière, utilisée pour la culture et l’élevage de moutons et brebis. C’est seulement après la guerre de 14-18 que cet endroit s’est desertifié à cause du nombre de Corse morts pendant la guerre.

Traversée du desert des Agriates à vélo

La traversée du désert des Agriates à vélo est impressionnante car on n’y croise effectivement quasiment aucun humain. La route serpente à travers un maquis à perte du vue jusqu’au Bocca di Vécu, un col à 311m qui nous offre un point de vue à tomber par terre. La longue descente jusqu’à l’île Rousse est un régal.

Nous choisissons ensuite de longer la côte par la nationale (la T30) entre l’île Rousse et Calvi plutôt que de suivre l’itinéraire officiel de la GT20, qui reste en hauteur dans les montagnes jusqu’à Galéria. En effet, une tempête est annoncée, nous ne nous risquons donc pas à être en montagne à ce moment là ! Rouler le long de cette grosse nationale est faisable mais pas vraiment une partie de plaisir sur certains portions. Si vous avez beau temps, on vous conseille vraiment de suivre l’itinéraire officiel de la GT20 après le désert des Agrates pour rejoindre Galéria : Belgodère, Cateri, Calenzana puis finalement Galéria.

On se prend un mobile home au camping La pinède à Calvi, un énorme orage étant annoncé pour la nuit. On se balade un moment sur la plage, avec la citadelle de la Calvi qui tombe de façon abrupte dans la mer, que c’est beau. Une fois rentrés, il se met à tomber des trombes d’eau et nous sommes ravis d’avoir pu être à l’abri ce soir, et de faire une machine à laver pour sentir tout bon demain en repartant (rires).

Jour 5 : L’Ouest de la Corse à vélo de Calvi à Galéria

  • Distance : 42 km
  • Dénivelé : 400 m
  • Difficulté : Moyenne

La côte Ouest de la Corse est réputée vraiment sauvage, on est donc très impatient de s’élancer sur nos vélos sur ces petites routes côtières ! Nous repartons de Calvi et sa citadelle les jambes gonflées à bloc, prêt à en découdre avec le dénivelé qui nous attend. Quelques kilomètres après Calvi le décor est planté : nous sommes seuls au monde sur une route à flanc de falaise. Il n’y a rien entre Calvi et Galéria, notre point de chute du jour : le rêve ! Le ciel est menaçant et habille la végétation de différentes teintes, les couleurs ocres commencent à se dévoiler et le relief est tout à fait supportable !

Nous arrivons à Galéria sous une pluie battante et nous réfugions au gite d’étape U Pagliaghju. Une petite pépite au milieu d’un cirque majestueux avec des propriétaires passionnés ! Le détour à Galéria n’est pas obligatoire si vous avez les jambes et une météo favorable pour pédaler jusqu’à Porto directement.

Jour 6 : L’Ouest de la Corse à vélo de Galéria à Porto

  • Distance : 53 km
  • Dénivelé : 635 m
  • Difficulté : Difficile

Nous quittons Galéria et rejoignons la GT20 à nouveau sous un ciel plus clément que la veille, pour notre plus grand plaisir ! Un café après 10km puis c’est parti pour une superbe portion de départementale aux cent virages, qui nous mène au Col de Palmarella (408m). La route serpente à flanc de falaise et nous offre des point de vue à couper le souffle sur cette nature sauvage et préservée. Le point du vue au col est à couper le souffle et quelle fierté d’y être arrivé à la force de nos mollets !

Pédaler sur ces routes vides d’infrastructures et de voitures nous donne un sentiment d’explorateurs des temps modernes. Décidément la Corse à vélo nous émerveille, même si les jambes fatiguent un peu et qu’elle se mérite 😀 On pédale, pédale, pédale sans vraiment avancer à vol d’oiseau tant la route fait des tours et détours. Pour notre plus grand bonheur évidemment tant chaque point de vue donne envie de s’arrêter prendre des photos et contempler ! Décidément, jolie Corse, que tu nous charmes…

Nous dormons au camping de Sole e Vista, dans la charmante ville de Porto. Une fois encore on est ravis d’avoir un hébergement en dur, il a plu toute la nuit (rires) !

Jour 6 : L’Ouest de la Corse à vélo de Porto à Cargèse

  • Distance : 35 km
  • Dénivelé : 670 m
  • Difficulté : Difficile

La plus belle partie de notre tour de Corse à vélo ! Olalala, par où commencer ? 😀 Déjà, le soleil a fait son grand retour et ça ça fait du bien en ce mois de Novembre. Nous quittons définitivement le GT20 à Porto pour continuer de pédaler en direction de Cargèse (toujours par la D81), pour pouvoir traverser les Calanches de Piana. Une petite journée nous attend en nombre de kilomètres mais tout de même 670m de dénivelé positif !

Quelle incroyable surprise que ces calanches de Piana. Des falaises ocres et vertes à perte de vue, une mer turquoise en toile de fond, on pédale en plein rêve. Si vous avez le temps on vous conseille de vous arrêter dans le coin et de faire quelques randonnées si vous aimez ça ! Ça sera pour une prochaine fois pour nous. Les formations rocheuses des calanches sont toutes plus impressionnantes les une que les autres, on se sent vraiment petit face à ces mastodontes de pierre.

Le village de Piana est également hyper pittoresque avec les montagnes en toile de fond et ces ruelles étroites…

Jour 7 : La fin de notre tour de Corse à vélo

  • Distance : 55 km
  • Dénivelé : 720 m
  • Difficulté : Difficile

Dernière étape de notre tour de Corse à vélo, le retour sur Ajaccio pour prendre le ferry retour pour la métropole. Plus nous nous rapprochons plus la côte est urbanisée, on sent que nous nous rapprochons de la grosse ville. Le nombre de voitures augmente aussi drastiquement, alors même si on se fait quand même encore plaisir en descente et montée, le coeur y est de moins en moins. Et puis, je crois qu’on est tous les deux tristes de déjà quitter l’île de beauté qu’on a tant aimé parcourir à vélo.

C’est finalement le coeur lourd que nous disons au revoir à la Corse et entrons dans le ferry avec nos vélos. Prochaine étape : la ViaRhôna 😀

Promis, Corse, nous reviendrons avec ou sans nos vélos ! <3

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